TOUT CE QUI BRILLE EST D'OR...SI C'EST DEMONTRE !
TOUT CE QUI BRILLE EST D'OR...SI C'EST DEMONTRE !
Tout ce qui brille n'est pas or, voilà un précepte qui s'adapte à l'achat, par des spécialistes, de l'or usagé que peuvent détenir les particuliers : bijoux cassés ou dépareillés, ou encore dents de métal jaune ayant terminé leur carrière buccale...
Opération assez étonnante devenant plus fréquente en période de crise générant la hausse des cours des métaux précieux comme le besoin de liquidité chez certains particuliers, d'autres n'en venant là que pour valoriser les menues parures ne leur servant plus, tout simplement et en toute décontraction.
C'est à grands renforts de prospectus et de coups de téléphone publicitaires que les entreprises pratiquant ce métier font connaître leur discrète permanence dans un hôtel où les vendeurs se présentent un à un, parfois timidement, un peu comme on irait chez « ma tante » mais avec la certitude, après la transaction, d'un abandon définitif de leur magot métallique.
Cela en échange d'un chèque dont le montant est parfois supérieur à ce qui était attendu de la cession de la boucle d'oreille ayant perdu sa jumelle, du bracelet au fermoir cassé, de la broche dont on s'est lassé, de la bague ayant perdu sa signification...
L'acheteur, lui, agit en vrai professionnel désireux de ne pas payer du factice au prix fort. Comme il serait fastidieux et peut-être peu sûr de rechercher tous les poinçons, il utilise de l'acide sur la trace laissée par le vif frottement du bijou sur une pierre spéciale. Si l'empreinte résiste à l'acide, c'est qu'elle est de noble origine et que l'objet vaut donc tant d'euros du gramme. Il n'y a pas que les grosses pièces qui seront soumises à ce test, essai que subira tout débris aussi minuscule soit-il. Après une première pesée, les éventuelles pierres précieuses ou fines sont détachées de leurs montures. Lesquelles subissent ensuite, une seconde fois, le verdict de la balance avant d'être brisées à la pince.
« N'hésitez pas à parler de notre entreprise autour de vous, le bouche à oreille est notre meilleure publicité », lâche l'acheteur avant de raccompagner le vendeur à la porte.
Un vendeur repartant la poche un peu plus légère, parfois heureux d'avoir accompli une bonne affaire, parfois le cœur un peu plus lourd d'avoir ainsi laissé des bribes de son passé, fragments dont bien sûr il n'avait plus l'usage, mais faisant partie des objets inanimés qui selon le poète ont peut-être une âme...
Cependant, le rachat de l'or cassé, alors qu'il y a pénurie de cette matière première, est un moyen de donner une nouvelle vie aux vieux bijoux qui renaîtront ainsi plus tard dans une forme de métempsychose ou d'application du fameux précepte que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme...
Alors foin d'une inutile sensiblerie, et si on se faisait, pour conclure une opération juteuse, un bon resto ?
Dominique Arnaud. Blogs :
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